Conjurer la peur

Conjurer la peur ?

L’action se passe à Sienne, en 1338. Certains ont senti l’urgence de conjurer la peur. Depuis le XIIIème siècle, la Seigneurerie sape les fondements de la commune : les seigneurs veulent prendre le pouvoir en se faisant reconnaître comme les garants de la paix.

C’est à ce moment là qu’est peinte « La fresque du bon gouvernement » par Lorenzetti. Il s’agissait de mettre en scène la bonté du pouvoir pour le défendre. Elle est commanditée par le gouvernement des Neuf, composé de neuf magistrats qui gouvernent la Cité (Pour deux mois non renouvelables, il y a donc une rotation des charges extraordinaires : l’homme est un animal politique et est appellé un jour à participer aux affaires de la Cité). Les Neuf doivent être désignés parmi les marchands de la Cité, ou tout du moins parmi la classe moyenne. Le gouvernement ne se veut pas plus vertueux qu’un autre, sa fonction est avant tout de maintenir un équilibre précaire entre les humeurs des grands et celles du peuple, comme a pu le théoriser Machiavel. La commune se gouverne seule.

La fresque se retrouve dans le palais communal, dans la petite salle où se réunissent les 9 pour recevoir en audience les citoyens. Trois murs sont peints : au nord sont peintes les allégories du bon gouvernement. Sur la paroi ouest, nous avons les allégories du mauvais gouvernement. En face nous avons les effets du bon gouvernement. L’ensemble de la peinture est faite pour désorienter et inquiéter le peuple. Dès que l’on entre dans la pièce, on voit la guerre. Lorsque les 9 rentrent, ils sont sommés par les allégories qui les dominent. Les écritures, qui sont en langue vulgaire, dominent à la fois ceux qui règnent et le peuple. Le pouvoir est aussi mis en inquiétude, mis en inquiétude de prendre décision, de juger des effets de sa politique.